lundi 12 novembre 2018

La difficulté de Rosa Montero vient de que à mon avis la narrative est faussée d'emblée pour toute sa génération (ils veulent faire du convenu et en même temps ils regrettent de ne pas être géniaux ) En revanche je me souviens beaucoup des articles de journal (des colonnes critiques très acides) qu'elle sortait dans El País aux années 80 et premiers 90's (elle et Juan Cueto ont formé et structuré à base de lire tous les samedis ses textes ma vision de ce qui est une gauche espagnole féministe - même si à l'époque on ne connaissait ni le mot queer ni les gender studies )

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merci pour votre commentaire, intéressant et éclairant. Je vois qu'elle publie encore des chroniques dans El Pais?

oui, je crois, mais je n'achète plus de journaux. Elle est une bonne écrivaine (juste, je vous dit, c'est la génération dénommée Nueva Narrativa Española, qui a été tellement hégémonique que pour les "jeunes" comme moi elle est devenue étouffante car c'était une lecture obligatoire dans le système d'enseignement espagnol ) et elle avait été dans une histoire d'amour-haine avec un autre écrivain Francisco Umbral, qui tout en étant initialement de gauche, à cause de cette inimitié publique non seulement s'est aigri et passé à écrire dans de journaux de droite, mais encore son fils est mort et lui aussi peu après. Je ne sais pas si ce deuxième commentaire est excessif car elle pourrait se sentir outrée que je revienne sur cela mais malgré que j'aprecie tout d'elle, je ne peux que penser que l'histoire se répète dans les clivages littéraires contemporains qui finissent par produire de situations monstrueuses (au nom du féminisme et à cause d'une médiatisation morbide qui dépasse les personnes singulières, car elle et Umbral auraient pu se réconcilier et le journalisme les a rendu des fantômes)
Bien évidemment ce n'est pas seulement Umbral qui s'est aigri et tombé bas dans des chroniques misogynes, Rosa Montero je peux imaginer qu'elle a enduré une douleur d'âme surhumaine, en Espagne on appelle ces écrivaines (ce sont des expériences qui concernent beaucoup de gens) les " louves " ou " louves solitaires " et elles font figure en même temps de sagesse et de malheur (ou résilience comme on dit maintenant par peur du mot juste et goût des mots techniques)

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